La petite histoire du cassis et de toute sa crème

 

Après le raisin, le cassis est sans aucun doute le petit fruit le plus réputé de Bourgogne. Pourtant l'heure de sa gloire a sonné tard : durant tout le Moyen-âge, le cassis était considéré surtout comme une plante médicinale, utile en cas de fièvre ou d'acné, et ce n'est qu'au début du XIXème siècle que les cafés parisiens ont commencé à servir du ratafia de cassis aux épices. La boisson dont goûta Auguste-Denis Lagoute lors d'une visite à la capitale, ce qui le décida à se lancer dans la production de la crème de cassis...

 

 

Mais ce n'est qu'au XXème siècle que la crème de cassis fit son entrée dans la cour des grands. En 1910, le maire de Dijon Mr Barabant, voulant faire des économies, fit remplacer le champagne, boisson habituelle des réceptions officielles, par du vin blanc additionné de liqueur de cassis. Et c'est un autre maire de la capitale bourguignonne, chanoine Félix Adrien Kir, qui popularisa l'apéritif en lui donnant son nom.

 

 

Ah, ce nom ! Combien de procès et de guerres commerciales engendra-t-il !

 

En 1951 le chanoine Kir donna l'autorisation exclusive à la maison Lejay-Lagoutte d'utiliser son nom pour la promotion de cassis. Quatre mois plus tard la maison déposa la marque « un kir ®» au Tribunal de Commerce de Dijon. Mais déjà en 1955 le chanoine élargit ses préférences et déclara aux représentants de la maison L'Héritier Guyot de ne vouloir donner le monopole à personne et de ne pas établir de discrimination entre les fabricants de cassis.

 

30 ans après commença un procès entre Lejay-Lagoutte et L'Héritier Guyot, qui durera pas moins de 12 ans (de 1980 à 1992). Au final Lejay-Lagoutte remporta la mise et le mot « kir » (n'oublions pas de mettre un petit ® sous peine d'entendre les huissiers frapper à la porte) devint une marque commerciale, malgré le fait qu'il soit présent dans les dictionnaires des noms communs depuis une bonne trentaine d'années.

 

Chez Lejay-Lagoutte cette victoire ne calma pas pourtant les esprits, et un jeune auteur de polars en récolta les fruits : la sortie de son thriller humoristique « A qui profite le Kir ?» (® encore une fois, faut que je fasse gaffe) fut suspendue, et je ne plaisante pas, car portant un profond préjudice à la maison Lejay-Lagoutte, par la simple utilisation du mot « kir (® bien entendu) » . L'auteur, heureusement, s'en est sorti sans trop de dégâts et la maison Lejay-Lagoutte a acquis une réputation... méritée.

 

 

 

Quoi qu'il en soit, en venant à Dijon, goûtez à un véritable kir®. C'est un apéritif délicieux, et qui plus est, avec une histoire divertissante.

 

Et pour en savoir plus sur le cassis n'hésitez pas à visiter Le Cassissium créé à Nuits-Saint-Georges par la maison Vedrenne.

 

 

Texte: Victoria Repnina

Photo: Pixabay

 

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